Les Récréations d'Aubépine & Bridget

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14 mai 2008

L'enfant et le tilleul

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Cette petite enfant croyait
Quand elle chantait toute seule
Dans le fond du jardin
Que personne ne l'écoutait
Mais elle oubliait le tilleul
A qui le vent prêtait
La longue flûte verte,
Le tilleul qui se croyait seul
Lui aussi au coeur de l'été.
Et les étoiles, sur le bord
Bleu du ciel, se penchaient si fort
Pour mieux les écouter
Qu'on les voyait tomber
Toutes luisantes par milliers
© Maurice Carême

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Le muguet

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Muguet

Cloches naïves du muguet
Carillonnez !
Car voici Mai !
Sous une averse de lumière
Les arbres chantent au verger,
Et les graines du potager
Sortent en riant de la terre.
Carillonnez !
Car voici Mai !
Cloches naïves du muguet !
Les yeux brillants,
l'âme légère
Les fillettes s'en vont au bois
Rejoindre les fées qui, déjà,
Dansent en rond sur la bruyère.
Carillonnez !
Car voici Mai !
Cloches naïves du muguet !

© Maurice Carême

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13 mai 2008

Le Coquelicot

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Au troisième millénaire avant Jésus Christ, les sumériens le considéraient comme une plante sacrée. Dans les sarcophages Egyptiens, on a retrouvé des corps de princesses décorés de guirlandes de petits pavots. Dans le langage populaire, le coquelicot est sans doute la fleur qui a le plus de noms : cocorico, kikiriki, cocolier, poule joyeuse, œil du diable,… On lui connaît plus de cent appellations
Une légende grecque raconte que Demeter, divinité agraire, restait inconsolable de la perte de sa fille, Perséphone. Celle-ci avait été enlevée par Hades, Dieu des enfers. Demeter obtint de Zeus que sa fille revienne sur terre sous forme d'une fleur. Ce retour est marqué par la floraison des coquelicots, dont il buvait des décoctions pour apaiser son chagrin. Morphée, Dieu des songes était représenté coiffé d'une couronne tressée de coquelicots. Cette fleur est un symbole de sommeil et d'apaisement. Le coquelicot, grâce à certaines de ses substances, a des propriétés pour soulager la douleur et les angoisses. Pourtant, le coquelicot représente aussi l'excentricité et l'inconstance, peut être parce que sa fleur frémit au moindre souffle, et que sa beauté se fane très vite.


Le Coquelicot

Le champ de blé met sa cocarde
Coquelicot.
Voici l'été, le temps me tarde
De voir l'arc-en-ciel refleurir.
L'orage fuit, il va mourir,
Nous irons te cueillir bientôt,
Coquelicot.

© Robert Desnos, Chantefleurs


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Colchiques

Paroles et Musique: Francine Cockenpot

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Colchiques dans les prés fleurissent, fleurissent,
Colchiques dans les prés : c'est la fin de l'été

La feuille d'automne emportée par le vent
En ronde monotone tombe en tourbillonnant

Châtaignes dans les bois se fendent, se fendent
Châtaignes dans les bois se fendent sous les pas.

La feuille d'automne emportée par le vent
En ronde monotone tombe en tourbillonnant

Nuages dans le ciel s'étirent, s'étirent
Nuages dans le ciel s'étirent comme un aile.

La feuille d'automne emportée par le vent
En ronde monotone tombe en tourbillonnant

Et le chant dans mon cœur murmure, murmure,
Et ce chant dans mon cœur appelle le bonheur.

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La Capucine

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Un pied par-ci, un pied par-là,
Voici venir la capucine.
Un pied par-ci, un pied par-là,
Voici fleurir la capucine.
Capucine par-ci,
Capucine par-là,
Par-ci par-là.

© Robert Desnos, Chantefleurs


Cape de Capucine

Capuchon pour les fées, les elfes des forêts
Elle lance des feux de ses pétales orange
On la cueille dans les prés, dans les champs, les forêts
Souvent dans les cuisines parfois même on la mange


Famille des orchidées, elle règne en beauté
Chez les Princes et les Rois, de ses couleurs étranges
Capuchon pour les fées, les elfes des forêts
Elle lance des feux de ses pétales orange


Lorsque l'automne arrive, sur les terres gelées
Au soleil de novembre, ses feuilles encore elle range
Pour que le Petit Peuple soit toujours protégé
Et ne sorte jamais sans être au moins coiffés,
Capuchon pour les fées, les elfes des forêts.

© Catherine Escarras

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L'azalée

Tu vins vers moi par les vallées

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Tu vins vers moi par les vallées
Où s'effeuillaient les azalées,
O soeur des heures en allées !

Ta toison était de couleur
Rousse, et ta bouche de douleur
Pareille à la mort d'une fleur.

Tes yeux semblaient des cieux d'automme
Où le dernier orage tonne,
Mélancolique et monotone.

Ta voix chantant la mort d'un roi
Fut toute la femme pour moi,
Fol alors en quête de foi.

Et ces lèvres d'enfant mauvaise
Que seul le sang d'Amour apaise
Qu'ont-elles dit qu'il faut qu'on taise ?

Ah ! rien, sinon qu'Amour est mort
Sur notre seuil de mal abord
Où sourit le masque du Sort :

Je me souviens qu'en les vallées
Tombaient les fleurs des azalées,
Au cours des heures en allées.

© Stuart MERRILL, Petits poèmes d'automne

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L'aubépine

Longtemps avant notre ère, aux repas de noces qui se déroulent à Athènes, chaque convive porte une branche d'aubépine, gage de bonheur et de prospérité pour l'avenir des époux. A Rome, c'est le marié lui-même qui en agite un rameau en condui-sant sa femme vers la chambre nuptiale, et on attache de l'aubépine au berceau des nouveau-nés pour les mettre à l'abri des mauvais sorts et des maladies.
C'est,égameùent, l'aubépine qui aurait servi à tresser la couronne du Christ et cette plante serait entrée dans l'écriture sainte bien avant la Passion puisque le célèbre « buisson ardent » près duquel Moïse eut son premier entretien avec Dieu sur le mont Horeb n'en serait qu'une autre variété, le Crataegus pyracantha ou buisson ardent, originaire du pourtour de la Méditerranée et introduit en France en 1629. A l'époque des croisades, le chevalier partant pour la Terre Sainte offre à sa dame un rameau d'aubépine, lié d'un ruban incarnat, signe qu'il « vivra en espérance ».
Pendant des siècles, les flambeaux qui éclairent la chambre nuptiale sont de bois d'aubépine conservé spécialement pour cette occasion solennelle.
Dans de nombreuses régions, on tresse au printemps des couronnes d'aubépine pour que les fées ou les anges qui viennent danser la nuit autour des buissons embaumés puissent s'en coiffer et témoignent leur reconnaissance en répandant leurs bienfaits sur ceux qui ont eu cette attention à leur égard. En Normandie, encore aujourd'hui, on affirme que la foudre épargne l'aubépine (ou la maison qui en est ornée) parce que la foudre est l'oeuvre du Diable et qu'elle ne peut frapper une plante qui a touché le front du fils de Dieu, croyance partagée par la Bretagne qui la complète par une vénération particulière pour le rouge-gorge, car, dit-on, c'est en cassant avec son bec une épine de la couronne de Jésus qu'un peu de sang a taché sa poitrine.


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L'Églantine, l'Aubépine et la Glycine


Églantine, aubépine,
Rouge, rouge, rouge et blanc.
Glycine,
L'oiseau vole en chantant.
Églantine, aubépine,
Bouge, bouge, bouge et vlan !
Glycine, L'oiseau vole en chantant.
Et vlan, vlan, vlan !

© Robert Desnos, Chantefleurs


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L'asphodèle

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L'investiture


Nous longerons la grille du parc,
A l'heure où la Grande Ourse décline ;
Et tu porteras - car je le veux -
Parmi les bandeaux de tes cheveux
La fleur nommée asphodèle.
Tes yeux regarderont mes yeux ;
A l'heure où la grande Ourse décline.
- Et mes yeux auront la couleur
De la fleur nommée asphodèle.
Tes yeux regarderont mes yeux,
Et vacillera tout ton être,
Comme le mythique rocher
Vacillait, dit-on, au toucher
De la fleur nommée asphodèle.

© Jean MOREAS - Le pèlerin passionné

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L'anémone

L'anémone qui régnait sur la mer

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L'anémone qui régnait sur la mer
règne encore c'est entendu
Mais si peu elle est perdue
Elle est perdue au fond des mers
Elle se souvient de ses diamants
suspendus à l'arc-en-ciel
suspendus dans la rosée
et les huîtres bâillent alentour
pour lui offrir des perles
Mais l'anémone qui régnait sur la mer
ne règne presque plus
et l'ancre de fer l'a mordue cruellement et elle mourra tantôt.

© Robert Desnos, Le parterre d'Hyacinthe

*****
Les abeilles dans l'anémone
Mendiaient, essaim diligent :
Le printemps leur faisait l'aumône
Dans une corbeille d'argent.

© Victor Hugo

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Deux ancolies

ancolie

Deux ancolies se balançaient sur la colline
Et l'ancolie disait à sa soeur l'ancolie:
Je tremble devant toi et demeure confuse.
Et l'autre répondait: si dans la roche qu'use
l'eau, goutte à goutte, si je me mire, je vois
que je tremble, et je suis confuse comme toi.
Le vent de plus en plus les berçait toutes deux,
les emplissait d'amour et mêlait leurs coeurs bleus.

© Francis Jammes

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