18 juin 2008
Sous les ponts de Paris
Jean Redor - Vicent Scotto - 1914
Pour aller à Suresnes ou bien à Charenton
Tout le long de la Seine on passe sous les ponts
Pendants le jour, suivant son cours
Tout Paris en bateau défile,
L' coeur plein d'entrain, ça va, ça vient,
Mais l' soir lorsque tout dort tranquille.......
Sous les ponts de Paris, lorsque descend la nuit,
Tout's sort's de gueux se faufil'nt en cachette
Et sont heureux de trouver une couchette,
Hôtel du courant d'air, où l'on ne paie pas cher,
L'parfum et l'eau c'est pour rien mon marquis
Sous les ponts de Paris.
A la sortie d' l'usine, Julot rencontre Nini
Ca va t'y la rouquine, c'est la fête aujourd'hui.
Prends ce bouquet, quelqu's brins d' muguet
C'est peu mais c'est tout' ma fortune,
Viens avec moi; j' connais l'endroit
Où l'on n' craint même pas l'clair de lune.
Sous les ponts de Paris, lorsque descend la nuit
Comme il n'a pas de quoi s' payer une chambrette,
Un couple heureux vient s'aimer en cachette,
Et les yeux dans les yeux faisant des rêves bleus,
Julot partage les baisers de Nini
Sous les ponts de Paris.
Rongée par la misère, chassée de son logis,
L'on voit un' pauvre mère avec ses trois petits.
Sur leur chemin, sans feu ni pain
Ils subiront leur sort atroce.
Bientôt la nuit la maman dit
Enfin ils vont dormir mes gosses.
Sous les ponts de Paris, lorsque descend la nuit
Viennent dormir là tout près de la Seine
Dans leur sommeil ils oublieront leur peine
Si l'on aidait un peu, tous les vrais miséreux
Plus de suicid's ni de crim's dans la nuit
Sous les ponts de Paris.
© Editions Delormel/Arpège
21 mai 2008
Le Maki Mococo
Le Maki Mococo
Son kimono a mis
Pour un goûter
d'amis:
Macaque et Okapi
L'Macaque vient d'Macao
L'Okapi d'Bamako
Le Maki Mococo
Fait goûter ses amis
Pas de macaronis
Mais d'un cake au kiwis
D'esquimaux au moka
Et kakis en bocaux
Quart de lait de coco
Cacao ou coca
Dans des bols en mica.
"Qui joue au mikado
?"
dit l'Maki Mococo
Le Macaque dit oui
L'Okapi ne dit mot.
L'Macaque est un coquin
L'acolyte Okapi
Est du même acabit.
Le Macaque qu'a un coup
Pour gruger les gogos
Rafle tous les kopeks
Du Maki Mococo.
"Ah, mais
quoqu'c'est quoqu'ça ?
Dit l'Maki Mococo
Ton bien est mal acquis"
Le Macaque dit "quoi
? quoi ? "
"Qui ? Qui ? "
dit l'Okapi.
Le Macaque démasqué
Par le Maki Mococo
Prit sa kalachnikov
Acquise à Malakoff
De Pépé le
Moko
Qu'en canne il maquilla
C'est kif kif Chicago.
Mais le Maki Mococo
Au menton les boxa
Le Macaque est K.O.
L'Okapi dans l'coma.
"Ah mes jolis cocos
Comme vous êtes
comiques !"
Dit le Maki Mococo
Saisissant son kodak
Pour immortaliser
Cette scène à
jamais
En un bel emaki
A ventre sur les quais
Conti ou Malaquais
Et qu'on ne l'oublie plus.
Le Maki Mococo
Est né à
Mexico.
Il s'appelle Dudu.
© Jacques Roubaud ( les
animaux de personne)
Le Maki à queue
annelée
CLASSE: Mammalia
ORDRE: Primate
FAMILLE: Lemuridae
ESPECE: Lemur catta
Le maki à queue
annelée vit en groupe au sud et au sud-ouest de Madagascar
dans les montagnes rocheuses à végétation peu
abondante. Il fait partie des lémuriens qui sont des singes
primitifs (leur cerveau peu évolué ne présente
pas de circonvolution).
Le groupe dispose toujours
d'une hiérarchie très stricte où dominent les
femelles. Cependant quand la température est basse, il se
rapprochent les uns des autres pour se tenir chaud.
Contrairement aux autres
lémuriens, le maki à queue annelée est un animal
diurne. Il compte quand même jusqu'à 16 heures de
sommeil par jour.
Les mâles ont une
odeur forte. Ils disposent, sous les bras et dans la région
périanale, de glandes de marquage. Ils limitent ainsi leur
territoire (environ 20 hectares) en imprégnant les branches.
Pendant la saison des
amours, les mâles deviennent agressifs en produisant des sons
d'invitation au combat. Ils se livrent alors à des combats
d'odeurs.
Ces lémuriens ont
une activité essentiellement terrestre, mais ils grimpent et
sautent avec adresse. C'est ainsi qu'ils peuvent être observés
sur les cimes des arbres en train de s'exposer au soleil.
Ils passent beaucoup de
temps à prendre soin de leur fourrure en la peignant et en la
nettoyant avec leurs incisives et leurs griffes.
Leur nourriture se compose
essentiellement de fruits, de feuilles et de fleurs. Le Maki tient le
fruit avec ses pattes avant et le mord de telle sorte que le jus
puisse couler dans sa bouche. En captivité, il se nourrit
aussi d'oeufs, de salade et de pains d'épices.
La femelle met bas un seul
petit après 4 à 4.5 mois de gestation. Il sera sevré
au bout de 26 semaines, atteindra sa maturité à environ
2 ans et pourra vivre pendant une vingtaine d'années.
Le Maki à queue
annelée dispose d'une dentition constituée de 36 dents;
la taille adulte du mâle est de 43 cm avec une queue pouvant
atteindre 62 cm de long. Son poids est de l'ordre de 3.5 kg.
17 mai 2008
Guillaume Apollinaire - Marie

Guillaume Apollinaire par Marie Laurencin
Marie
Vous y dansiez petite fille
Y danserez-vous mère-grand
C'est la maclotte qui sautille
Toute les cloches sonneront
Quand donc reviendrez-vous Marie
Les masques sont silencieux
Et la musique est si lointaine
Qu'elle semble venir des cieux
Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine
Et mon mal est délicieux
Les brebis s'en vont dans la neige
Flocons de laine et ceux d'argent
Des soldats passent et que n'ai-je
Un cœur à moi ce cœur changeant
Changeant et puis encor que sais-je
Sais-je où s'en iront tes cheveux
Crépus comme mer qui moutonne
Sais-je où s'en iront tes cheveux
Et tes mains feuilles de l'automne
Que jonchent aussi nos aveux
Je passais au bord de la Seine
Un livre ancien sous le bras
Le fleuve est pareil à ma peine
Il s'écoule et ne tarit pas
Quand donc finira la semaine
© Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)
Rousseau et Apollinaire

Guillaume Apollinaire et Marie Laurencin
Henri Rousseau 1909
Musée de l'Hermitage Saint-Petersbourd
Inscription pour le tombeau du peintre Henri Rousseau douanier
Gentil Rousseau tu nous entends
Nous te saluons
Delaunay sa femme Monsieur Queval et moi
Laisse passer nos bagages en franchise à la porte du ciel
Nous t'apporterons des pinceaux des couleurs des toiles
Afin que tes loisirs sacrés dans la lumière réelle
Tu les consacres à peindre comme tu tiras mon portrait
La face des étoiles
Tu te souviens, Rousseau, du paysage astèque,
Des forêts où poussaient la mangue et l'ananas,
Des singes répandant tout le sang des pastèques
Et du blond empereur qu'on fusilla là-bas.
Les tableaux que tu peins, tu les vis au Mexique,
Un soleil rouge ornait le front des bananiers,
Et valeureux soldat, tu troquas ta tunique,
Contre le dolman bleu des braves douaniers.
Le malheur s'acharna sur ta progéniture
Tu perdis tes enfants et tes femmes aussi
Et te remarias avecque la peinture
Pour faire tes tableaux, enfants de ton esprit.
Nous sommes réunis pour célébrer ta gloire,
Ces vins qu'en ton honneur nous verse Picasso,
Buvons-les donc, puisque c'est l'heure de les boire
En criant tous en chœur : " Vive ! vive Rousseau ! "
Ô peintre glorieux de l'alme République
Ton nom est le drapeau des fiers Indépendants
Et dans le marbre blanc, issu du Pentélique,
On sculptera ta face, orgueil de notre temps.
Or sus ! que l'on se lève et qu'on choque les verres
Et que renaisse ici la française gaîté ;
Arrière noirs soucis, fuyez ô fronts sévères,
Je bois à mon Rousseau, je bois à sa santé !
© Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)
15 mai 2008
Eléments naturels
Larme trébuche
nuée diaphane
onde rêvée
© Aubépine





