15 mai 2008
Louise Michel
La vie de Louise Michel est une vie de militante, elle laisse
très peu d'écrits théoriques, (beaucoup de poèmes par contre) mais par
contre sa vie est un exemple de lutte sans compromission avec les
règles d'une république bourgeoise.
Ses funérailles donnent lieu à une énorme
manifestation, et tous les ans jusqu’en 1916 un cortège se rendra sur
sa tombe.

Fille d'une servante et d'un châtelain, Louise Michel est élevée au château
par une tante catholique mystique et ses grands-parents paternels. Elle
y reçoit une éducation libérale et une bonne instruction dans une
ambiance voltairienne, qui lui permettent d’obtenir son brevet de
capacité.
Louise lit beaucoup, apprend la musique et la poésie, et
se met à rédiger des poèmes.
Elle adresse même certains d'entre eux à Victor Hugo avec qui elle commence à entretenir une correspondance, qui durera pendant près 20 ans.
Elle est chassée du château après la
mort de ses grands-parents et devient institutrice à Audeloncourt
(Haute-Marne) à partir de 1852. Très vite, Louise se distingue par des
méthodes pédagogiques considérées comme scandaleuses : elle fait
chanter la Marseillaise à ses élèves à la place de la prière à
l'empereur.
Elle refuse de prêter serment à l’empereur et ouvre alors une école privée en 1853.
En
1855, elle enseigne dans une institution de la rue du Château-d’Eau.
Elle écrit des poèmes, collabore à des journaux d’opposition, fréquente
les réunions publiques. Sa rencontre avec Théophile Ferré la marque
pour la vie.
En 1856, elle est à Paris, où elle trouve une place de
sous-maitresse dans une pension pour jeunes filles.
Peu à peu, elle
prend ses distances avec le christianisme, et commence à fréquenter des
cercles républicains hostiles à l'Empire tout en se rapprochant de
l'Internationale et des Blanquistes.
En 1865, elle s'installe à
Montmartre, où elle ouvre sa propre école qui accueille une soixantaine
d'élèves. Parallèlement, elle accomplit toute une série d'actions de
bienfaisance à destination des enfants, des pauvres, des malades.
En novembre 1870, elle est présidente du Comité de vigilance républicain du XVIIIe arrondissement.
Elle
se joint aux insurgés au moment la Commune. Louise est à la foi
ambulancière et combattante ; elle fait partie du 61e bataillon de
marche de Montmartre, où elle constitue, avec l'aide d'Élisabeth
Dmitrieff, une légion féminine, «l'union des femmes pour la défense de
Paris». Le courage dont elle fait preuve et son ardeur révolutionnaire
lui valent d'être surnommée la Vierge rouge.
Dans la nuit du
17 au 18 mars, les troupes du général Vinoy reçoivent l’ordre de
reprendre les canons des Parisiens. Mais on avait oublié les chevaux ;
et les ménagères ont eu le temps de donner l’alerte.
Le comité de
vigilance du XVIIIe arrondissement, que dirigent Ferré et Louise
Michel, monte à l’assaut de la butte Montmartre.
Et l’on voit alors
d’étonnantes manifestations : femmes, enfants, gardes fédérés entourent
les soldats, qui fraternisent avec la foule joyeuse et pacifique.
Cependant, le soir, deux généraux, le général Lecomte qui le matin
avait donné, sans être obéi, l’ordre de tirer sur les Parisiens, et le
général Clément Thomas, qui avait, en juin 1848, décimé les insurgés,
sont fusillés, rue des Rosiers.
C'est la rupture définitive avec
Versailles. Louise Michel comme son ami Ferré sont de ceux qui pensent
qu'il faut en finir maintenant avec le gouvernement de Versailles, ils
veulent poursuivre l'offensive sur Versailles pour arrêter le
gouvernement et Thiers, ils ne sont pas écoutés.
Thiers n'a alors que
peu de troupe à opposer à la commune, cela ne durera pas , l'occasion
est manquée. Louise Michel fait partie de la frange des communards la
plus révolutionnaire. Volontaire pour se rendre seule à Versailles afin
de tuer Thiers, la presse bourgeoise la surnomme alors la Louve Rouge.
Après
la reprise de Paris par les Versaillais, Louise se constitue
prisonnière à la place de sa mère qui a été arrêtée.
Au cours de son
procès, où elle comparait vêtue de noir pour signifier la mort de la
Commune, elle assume ses actes et exige sa condamnation à mort : «Si
vous n'êtes pas des lâches, tuez-moi», lance-t-elle à ses juges. Mais
ceux-ci refusent d'accorder à Louise la mort qu'elle réclame et la
condamnent à la déportation à vie.
Cet épisode inspire à Victor Hugo
Viro Major, un long poème dans lequel il glorifie la Vierge rouge.
Après
la défaite de la Commune, Louise, très critique par rapport au
marxisme, opte définitivement pour l'anarchisme, convaincue qu'un
gouvernement issu d'une révolution «prendrait les institutions du
passé, en les changeant seulement de nom» et que «les honnêtes gens au
pouvoir y seront aussi incapables que les malhonnêtes y seront
nuisibles, et qu'il est impossible que jamais la liberté s'allie à un
pouvoir quelconque.»
Elle est condamnée le 16 décembre 1871 à la déportation dans une enceinte fortifiée.
"Maison d'arrêt de Versailles, 4 septembre 1871
"A Théophile Ferré, condamné à mort
"Si j'allais au noir cimetière
"Frère, jetez sur votre soeur
"Comme une espérance dernière
"De rouge oeillets tout en fleur.
"Dans les derniers temps de l'Empire,
"Lorsque le peuple s'éveillait
"Rouge oeillet ce fut ton sourire
"Qui nous dit que tout renaissait.
"Aujourd'hui, va fleurir dans l'ombre
"Des noires et tristes prisons,
"Va fleurir prés du captif sombre
"Et dis-lui que nous l'aimons.
"Dis-lui que par le temps rapide
"Tout appartient à l'avenir
"Que le vainqueur au front livide
"Plus que le vaincu peut mourir."
En
1873, elle est déportée en Nouvelle-Calédonie.
Là, elle s'intéresse à
la botanique et à la zoologie, et entre en contact avec les Canaques, à
qui elle donne des cours. À l'inverse de ses anciens compagnons
communards, elle les soutient lors de leur révolte, en 1878.
Le 11
juillet 1880, tous les communards envoyés au bagne sont amnistiés.
Louise revient en France où elle reçoit un accueil triomphal.
Infatigable, elle parcourt la France, la Belgique, l'Angleterre, la
Hollande, pour donner des conférences dans lesquelles elle développe
ses thèmes favoris (condamnation du suffrage universel, du système
parlementaire, de la peine de mort, de la religion, de la politique
bourgeoise etc.).
En 1881, elle est à Londres, au congrès international
anarchiste, avec Edwin Dun et le prince Kropotkine.
Son
engagement politique lui vaut d'être arrêtée à plusieurs reprises,
d'abord en janvier 1882 à l'occasion d'une manifestation célébrant le
premier anniversaire de la mort d'Auguste Blanqui - Louise passera 15
jours en prison - puis en mars 1883, lors d'une manifestation de
chômeurs à Paris. La Vierge rouge est alors condamnée à 6 ans de
détention.
En janvier 1886, elle obtient la grâce présidentielle,
qu'elle refuse, et se voit libérée «de force».
Le 30 avril 1890, elle
est à nouveau interpelée pour avoir encouragé des ouvriers du textile
à la grève, à l'occasion du 1er mai. Mais, plutôt que de lui intenter
un nouveau procès, les autorités judiciaires font croire que Louise est
folle et alcoolique. Libérée, elle part pour Londres, où les
libertaires sont mieux accueillis qu'en France. Elle y retrouve Henri
Rochefort et le prince Kroptkine.
De 1890 à 1895, Louise Michel est à
Londres, où elle gère une école libertaire. Rentrée en France, elle
reprend ses tournées de propagande, (elle mourra au cours de l’une
d’elles à Marseille).
De retour en France en 1895,
elle reprend ses meetings et assiste en juillet 1896 au Congrès
international socialiste des travailleurs et des chambres syndicales
ouvrières, où elle mesure la distance qui la sépare des marxistes. Ceux
qui constituent, selon son expression «une religion d'État» ou encore
une «nouvelle Papauté», excluent les anarchistes de la conférence.
Louise poursuit son combat jusqu'à la fin de sa vie malgré la maladie
et la fatigue. Elle meurt d'une pneumonie en 1905.
Louise Michel a
laissé des Mémoires (1886), des poèmes (À travers la vie, 1888) et des
romans (la Misère, 1881; les Microbes humains, 1886).
Figure
légendaire du mouvement ouvrier, porte-drapeau de l’anarchisme, elle
fait se déplacer les foules. Militante infatigable, ses conférences en
France, en Angleterre, en Belgique et en Hollande se comptent par
milliers. En 1881, elle participe au congrès anarchiste de Londres. À
la suite de la manifestation contre le chômage de Paris (1883), elle
est condamnée à six ans de prison pour pillage, devant le tribunal, une
fois encore louise Michel utilise le banc des accusés comme une tribune
politique. Dans ses prises de paroles elle essaye à chaque fois de
mettre en accusation l'état bourgeois. Elle nous montre, car c'est
encore valable aujourd'hui, qu'il n'y a rien à attendre de la justice
d'un etat bourgeois : c'est une justice de classe, il faut donc la
combattre, sans jamais s'en remettre à elle dans l'espoir (vain)
qu'elle se montre juste. "Mais pourquoi me défendrais-je? Je vous l'ai
déjà déclaré, je me refuse à le faire(...)Je sais bien que tout ce que
je pourrai vous dire ne changera rien a votre sentence".
C'est une
leçon de courage que donne Louise Michel à chacune de ses comparutions
devant les tribunaux de la république. Elle n'essaye pas de convaincre
ses juges, c'est inutile ils sont aux ordres, elle les défie.
Viro Major
Ayant vu le massacre immense, le combat
Le peuple sur sa croix, Paris sur son grabat,
La pitié formidable était dans tes paroles.
Tu faisais ce que font les grandes âmes folles
Et, lasse de lutter, de rêver de souffrir,
Tu disais : " j'ai tué ! " car tu voulais mourir.
Tu mentais contre toi, terrible et surhumaine.
Judith la sombre juive, Aria la romaine
Eussent battu des mains pendant que tu parlais.
Tu disais aux greniers : " J'ai brûlé les palais !"
Tu glorifiait ceux qu'on écrase et qu'on foule.
Tu criais : " J'ai tué ! Qu'on me tue ! - Et la foule
Ecoutait cette femme altière s'accuser.
Tu semblais envoyer au sépulcre un baiser ;
Ton oeil fixe pesait sur les juges livides ;
Et tu songeais pareille aux graves Euménides.
La pâle mort était debout derrière toi.
Toute la vaste salle était pleine d'effroi.
Car le peuple saignant hait la guerre civile.
Dehors on entendait la rumeur de la ville.
Cette femme écoutait la vie aux bruits confus
D'en haut, dans l'attitude austère du refus.
Elle n'avait pas l'air de comprendre autre chose
Qu'un pilori dressé pour une apothéose ;
Et, trouvant l'affront noble et le supplice beau
Sinistre, elle hâtait le pas vers le tombeau
Les juges murmuraient : " Qu'elle meure ! C'est juste
Elle est infâme - A moins qu'elle ne soit Auguste "
Disait leur conscience. Et les jugent, pensifs
Devant oui, devant non, comme entre deux récifs
Hésitaient, regardant la sévère coupable.
Et ceux qui, comme moi, te savent incapable
De tout ce qui n'est pas héroïsme et vertu,
Qui savent que si l'on te disait : " D'où viens tu ? "
Tu répondrais : " Je viens de la nuit ou l'on souffre ;
Oui, je sors du devoir dont vous faites un gouffre !
Ceux qui savent tes vers mystérieux et doux,
Tes jours, tes nuits, tes soins, tes pleurs donnés à tous,
Ton oubli de toi-même à secourir les autres,
Ta parole semblable aux flammes des apôtres ;
Ceux qui savent le toit sans feu, sans air, sans pain
Le lit de sangle avec la table de sapin
Ta bonté, ta fierté de femme populaire.
L'âpre attendrissement qui dors sous ta colère
Ton long regard de haine à tous les inhumains
Et les pieds des enfants réchauffés dans tes mains ;
Ceux-la, femme, devant ta majesté farouche
Méditaient, et malgré l'amer pli de ta bouche
Malgré le maudisseur qui, s'acharnant sur toi
Te jetai tout les cris indignés de la loi
Malgré ta voix fatale et haute qui t'accuse
Voyaient resplendir l'ange à travers la méduse.
Tu fus haute, et semblas étrange en ces débats ;
Car, chétifs comme tous les vivants d'ici-bas,
Rien ne les trouble plus que deux âmes mêlées
Que le divin chaos des choses étoilées
Aperçu tout au fond d'un grand coeur inclément
Et qu'un rayonnement vu dans un flamboiement.
Victor Hugo
Décembre 1871
La Commune, histoire et souvenirs
- extrait -
"Les
citoyens de France se trouvaient en face de deux programmes : le
premier, celui des royalistes de Versailles dominés par les généraux du
coup d'État.
Ce programme, c'était l'esclavage à perpétuité ; c'était l'étouffement de l'intelligence et de la justice.
L'autre, c'était celui pour lequel on avait déjà fait trois révolutions ; c'était celui pour lequel nous combattions.
C'était,
en un mot, la revendication des Droits de l'homme, c'était le peuple
maître de ses destinées ; c'était le droit de vivre en travaillant ;
c'était le sceptre des tyrans brisé sous le marteau du travailleur...
Ce n'était plus un 1830 ou un 48 ... c'était le soulèvement d'un grand peuple qui veut vivre libre... ou mourir...
Il
fallait vaincre parce que la défaite ferait des victimes pourchassées,
maltraitées et vouées aux courroux de vainqueurs farouches ; parce que
Cayenne serait repeuplé, que les insurgés y finiraient leurs jours,
rivés à la même chaîne que les voleurs, les faussaires et les assassins
; parce que, demain, les prisons seraient pleines, et que les
fusillades de Juin recommenceraient plus nombreuses et plus sanglantes
!
Il fallait vaincre et, avec la paix, le laboureur retournerait à
sa charrue, l'artiste à ses pinceaux, l'ouvrier à son atelier... la
terre redeviendrait féconde, le travail reprendrait.
La résistance s'était organisée...
Rossel,
qui avait été soldat, voulait une armée disciplinée... Delescluze,
l'armée de la révolte marchant à son gré, se battant à sa guise pour le
triomphe de ses revendications. Et c'était Delescluze qui avait raison.
Quelques heures après la réception du télégramme de Dombrowski
l'invasion des faubourgs par l'armée de Versailles avait commencé...
Ce
furent d'abord de timides escarmouches, quelques coups de feu espacés,
puis des bruits confus qui, par instants, s'enflaient en clameurs.
Le
flot des envahisseurs montait peu à peu... On entendit bientôt, très
distinctement, le pas rythmé de la troupe, de brefs commandements et le
sinistre cliquetis des armes de mort !
Déjà, du côté de l'armée,
c'était la force dans ce qu'elle a de plus impitoyable, de plus
brutal... De l'autre, c'était l'attente, attente calme, héroïque, le
courage froid des résignés.
Les rues étaient désertes ; toutes les fenêtres et toutes les portes closes.
On sentait que la Mort allait s'abattre sur Paris..."
Louise Michel, 1898
Chronologie:
29 mai 1830: (Six heures du soir.) Naissance de Louise Michel à Vroncourt (Haute-Marne), de Marie-Anne Michel et de père inconnu.
30 novembre 1844: Mort d'Étienne-Charles Demahis, considéré par Louise Michel comme son grand-père.
1847: Mort de Laurent Demahis, fils du précédent et vraisemblablement père de Louise Michel.
Octobre 1850: Mort de Mme Demahis, née Louise-Charlotte Maxence Porquet, considérée par Louise Michel comme sa grand-mère.
1851: Louise Michel passe trois mois à Lagny au pensionnat de Mme Duval où elle se prépare au métier d'institutrice. Elle rencontre Victor Hugo. Elle poursuit ensuite les mêmes études à Chaumont.
27 septembre 1852: Déclaration d'ouverture d'une école libre dirigée par Louise Michel à Audeloncourt (Haute-Marne).
1853: Louise Michel ferme son école d'Audeloncourt et devient «sous-maîtresse» à Paris. Mais elle revient en Haute-Marne au bout de quelques mois parce que sa mère est malade.
Novembre 1854: Elle demande l'autorisation de réouvrir son école d'Audelon-court, mais y renonce, faute d'élèves.
3 décembre 1854: Elle ouvre une école à Clefmont. (Haute-Marne).
Octobre 1855: Abandonnant Clefmont, Louise Michel installe une école à Millières (Haute-Marne). Selon certaines sources, elle reste deux ans dans ce village. Selon d'autres...
1856: ...elle devient « sous-maîtresse » à la pension de Mme Voilier, 14, rue du Château-d'eau, à Paris, dès l'année suivante. Son amie, Julie Longchamp, qui était avec elle à Millières, vient l'y rejoindre.
Sur toute cette période, Louise Michel, est très avare de détails dans ses Mémoires.Son dossier académique, qui aurait pu donner des précisions utiles, a disparu des Archives de la Haute-Marne, sans doute vers la fin du siècle dernier.
27 janvier 1862: Louise Michel, qui passe toutes ces années à enseigner, à écrire, à s'instruire; y compris sur le plan politique devient sociétaire de l' « Union des poètes ».
1865 : Vente des terres héritées des Demahis afin d'acheter un externat pour Louise, 5, rue des Cloys à Paris. Elle s'y installe avec Mme Vollier, devenue impotente et qui meurt bientôt. Une autre vieille institutrice, également infirme, la remplace, Caroline Lhomme.
1868 : Ouverture d'un cours, 84, rue Oudot, en compagnie de Mlle Poulin, malade elle aussi.
12 janvier 1870: Participation aux obsèques de Victor Noir, journaliste républicain assassiné par un parent de l'empereur. Louise, habillée en homme, a caché un poignard sous ses vêtements.
15 août 1870: Louise Michel participe à une manifestation organisée en faveur des blanquistes Eudes et Brideau, arrêtés la veille. Elle porte au général Trochu, gouverneur militaire de Paris, une pétition en leur faveur, lancée par Michelet.
13-18 septembre 1870: Visite de Louise Michel à Victor Hugo.
Octobre 1870: Louise Michel lance un appel aux infirmières des remparts et aux « citoyennes de la libre pensée » pour les inciter à se porter au secours de Strasbourg encerclée par les Prussiens. Elle participe alors aux deux comités de vigilance du XVIII' arrondissement où elle fait la connaissance de Théophile Ferré.
31 octobre 1870: Louise Michel participe à une grande manifestation en faveur de la Commune devant l'Hôtel de Ville.
ler décembre 1870: Première arrestation de Louise Michel à la suite d'une manifestation de femmes.
22 janvier 1871: Pour la première fois, Louise Michel, qui s'est munie d'un fusil, fait le coup de feu contre les mobiles bretons de Trochu devant l'Hôtel de Ville.
17-18 mars 1871: Louise Michel participe activement à l'affaire des canons de la garde nationale sur la Butte Montmartre. Après la proclamation de la Commune, elle s'occupe essentiellement d'oeuvres sociales et pédagogiques.
3 avril-21 mai 1871: Les Versaillais déclenchent l'assaut final contre la Commune. Louise Michel participe en tant qu'ambulancière et combattante aux batailles de Clamart, Issy-les-Moulineaux (son courage est mentionné au Journal officiel de la Commune du 10 avril), Neuilly. Elle se bat dans les rangs du 61ème bataillon de Montmartre. Le 21 mai, elle est envoyée par Dombrowski au Comité de vigilance de Montmartre. Elle prend part aux derniers combats et est arrêtée pour n'avoir pas voulu laisser sa mère emprisonnée à sa place.
24 mai 1871: Louise Michel est transférée à Versailles.
28 juin 1871: Premier interrogatoire devant le conseil de guerre.
2 septembre 1871 : Condamnation à mort de Théophile Ferré.
19 septembre 1871: Second interrogatoire de Louise Michel qui est alors transférée à la prison d'Arras.
28 novembre 1871: Exécution de Théophile Ferré.
29 novembre 1871: Louise Michel est ramenée d'Arras à Versailles.
16 décembre 1871: Comparution devant le 4° conseil de guerre qui condamne Louise Michel A la déportation dans une enceinte fortifiée. Elle refuse de faire appel.
2l décembre 1871 : Transfert à la prison centrale d'Auberive (Haute-Marne).
24 août 1873: Départ pour la gare de Langres et voyage par chemin de fer jusqu'à La Rochelle, via Paris.
28 août 1873 : Transfert par bateau de La Rochelle à Rochefort où les déportés sont embarqués sur le Virginie.
10 décembre 1873: Arrivée en Nouvelle-Calédonie.
1878: Insurrection canaque.
8 mai 1879: La peine de Louise Michel est commuée en déportation simple.
16 juin 1880: Louise Michel est nommée institutrice à Nouméa.
11 juillet 1880: Décret d'amnistie en faveur des condamnés de la Commune.
16 octobre 1880: Louise Michel bénéficie d'une remise de peine. Elle la refuse.
7 novembre 1880: Arrivée de Louise Michel à Londres.
9 novembre 1880: Réception triomphale à la gare Saint-Lazare à Paris.
1881: Louise Michel, qui prend la parole au cours de nombreux meetings depuis son retour en France assiste aux obsèques de Blanqui dont elle prononce l'éloge funèbre.
18 janvier 1888 : Condamnation à 15 jours de prison pour outrages à agents.
26 février 1882: Mort de Marie Ferré.
9 mars 1883: Louise Michel prend part à, une manifestation de chômeurs aux Invalides au cours de laquelle des boulangeries sont pillées. Elle est l'objet d'un mandat d'arrêt, mais la police ne la trouve pas.
29 mars 1883: Elle écrit au préfet de police pour lui dire qu'elle se rendra à, son bureau le lendemain.
30 mars 1883: Sur le chemin de la préfecture Louise Michel est arrêtée et conduite au dépôt.
1 avril 1883 : Elle est incarcérée à la prison de Saint-Lazare.
21 Juin 1883: Ouverture du procès de Louise Michel.
23 juin 1883: Louise Michel est condamnée à, six ans de réclusion, assortis de dix années de surveillance de haute-police.
15 juillet 1883: Louise Michel est transférée à, la prison de Clermont-de-l'Oise.
3 janvier 1885: Mort de la mère de Louise, Marianne Michel.
5 janvier 1885: Obsèques de Marianne Michel.
8 janvier 1886: Décret du président de la République accordant sa grâce à, Louise Michel. Elle refuse, puis consent.
14 janvier 1886: Louise Michel est conduite par la police au domicile que lui ont trouvé ses camarades, 89, route d'Asnières, à Levallois.
3 juin 1886: Louise, qui ne cesse de prendre la parole au cours de multiples réunions, participe au théâtre du Château-d'eau (Paris) à, un meeting en faveur des mineurs de Decazeville. Elle y prononce un discours, Jules Guesde, Paul Lafargue et Susini y interviennent à, ses côtés.
14 août 1886: Louise Michel est condamnée à quatre mois de prison et à 100 francs d'amende.
24 septembre 1886: Lafargue, Guesde et Susini, qui avaient également été condamnés, ont fait appel (ce que Louise Michel avait refusé de faire) et sont acquittés. Le gouvernement est fort embarrassé. Que faire de Louise ? Après des démêlés ubuesques, elle finit par bénéficier d'une remise de peine en novembre 1886. Elle continue à, prononcer des discours à travers la France.
22 janvier 1888: Louise Michel prononce un discours au théâtre de la Gaîté du Havre à 14 heures. Dans la soirée, elle parle à la salle de l'Élysée. Un « chouan », Pierre Lucas, tire sur elle deux coups de pistolet. Elle est blessée à, la tête mais refuse de déposer plainte contre son agresseur.
30 avril 1880: A la suite d'un discours qu'elle a prononcé à, Saint-Étienne et de sa participation à, un meeting suivi de manifestations violentes à Vienne, Louise Michel est arrêtée.
24 mai 1880: Elle refuse sa mise en liberté provisoire parce que ses coinculpés ne bénéficient pas de la même mesure.
31 mai 1890: Le mandat d'arrestation qui l'avait frappée est levé : mais Louise refuse (toujours pour les mêmes raisons) de quitter la prison. De colère, elle casse tout dans sa cellule.
2 juin 1890: A la suite de cette manifestation, le médecin commis pour l'examiner demande son internement comme « folle ». Le gouvernement, qui craint des histoires, s'y oppose. Finalement, elle est libérée et quitte Vienne, le 4 juin, pour Paris.
29 juillet 1890: Craignant d'être internée comme folle, Louise Michel se réfugie à, Londres. Nous sommes à l'époque des attentats anarchistes qui donnent prétexte au vote des « lois scélérates » de 1893.
13 novembre 1895: Louise Michel revient à Paris où elle est accueillie par une manifestation de sympathie à la gare Saint-Lazare. Elle prononce dans la capitale et en province une série de discours.
27 juillet 1896: Elle assiste, à Londres, au congrès international socialiste des travailleurs et des chambres syndicales ouvrières qui voit la rupture entre les anarchistes et les socialistes.
16 septembre 1897: Louise Michel est arrêtée à Bruxelles et expulsée de Belgique.
15 février 1898: Ne voulant pas prendre parti dans l'affaire Dreyfus, Louise Michel repart pour Londres.
20 mai 1898: Elle revient à Paris pour s'occuper de l'édition de ses oeuvres (notamment la Commune) puis regagne l'Angleterre.
Fin 1899: Elle s'installe à nouveau à Paris et y donne une série de conférences.
23 décembre 1899: Louise Michel repart pour Londres.
17 octobre 1900: Elle revient à Paris.
13 novembre 1900: Elle retourne à Londres.
Février 1902: Frappée de pneumonie, elle échappe de peu à la mort.
15 mai 1902: Elle revient en France et préside à une série de meetings. Au cours de l'année, elle fait de nouveau un bref séjour à Londres.
1903: L'année est marquée par une tournée de conférences à, travers tout le pays, en compagnie de l'anarchiste Girault.
22 octobre 1903: Louise Michel interrompt son périple ; elle est de nouveau malade.
27 octobre 1903: Elle retourne à Londres.
Février 1904: Nouvelle tournée de conférences en France avec Girault.
20 mars 1904: Très fatiguée, elle tombe malade à Toulon.
11 mai 1904: Quelque peu remise, Louise rentre à Paris.
16 mai 1904: Elle rédige son testament : « Je soussignée, Louise Michel, déclare confier à Charlotte Vauvelle, ma compagne depuis 15 ans, et à mes camarades de lutte, pour les mettre à exécution mes dernières volontés, qui sont d'être enterrée sans aucune cérémonie religieuse (...) au cimetière de Levallois-Perret, dans le caveau de ma mère, où il y a une place pour moi.
2O mai 1904: Décidément infatigable, Louise Michel prononce une conférence aux Sociétés savantes et reprend sa tournée.
5 janvier 1905: Épuisée, elle gagne Marseille et s'alite A l'Hôtel de l'Oasis.
9 janvier 1905: Elle meurt à 10 heures du matin.
l 1 janvier 1905: Le corps de Louise Michel est transféré au dépositoire du cimetière Saint-Pierre à Marseille.
20 janvier 1905: Son cercueil est amené à, la gare de Marseille pour être transporté à Paris.
21 janvier 1905: A dix heures du matin, un imposant cortège accompagne le corps de Louise Michel de la gare de Lyon au cimetière de Levallois-Perret.
1946: Les restes de Louise Michel sont exhumés et ensevelis, dans le même cimetière, au rond-point des Victimes du devoir.
